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Road trip Route des Grandes Alpes : itinéraire complet

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Road trip Route des Grandes Alpes : itinéraire complet

720 km, 17 cols, 3 massifs : la traversée nord-sud des Alpes françaises

La Route des Grandes Alpes relie Thonon-les-Bains (lac Léman) à Nice (Méditerranée) sur 720 km. Le parcours franchit 17 cols de montagne, dont le col de l’Iseran à 2 764 mètres — plus haut col routier des Alpes françaises. Ouverte de mi-juin à mi-octobre, cette route touristique nationale attire chaque année des milliers de motards, cyclistes et automobilistes. Comptez 4 à 7 jours pour un road trip complet.

Un itinéraire créé en 1909

Le Touring Club de France a lancé le projet en 1909 pour relier les grands cols alpins par une route continue. Des décennies de travaux ont été nécessaires pour tracer ce ruban d’asphalte à travers des massifs culminant à plus de 2 700 mètres. Le parcours a été officiellement inauguré en 1937 et classé route touristique nationale en 2005.

Aujourd’hui, la Route des Grandes Alpes traverse 6 départements (Haute-Savoie, Savoie, Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence, Var, Alpes-Maritimes) et longe 4 parcs naturels. Le dénivelé cumulé positif dépasse 15 000 mètres.

Étape 1 : Thonon-les-Bains → Morzine (50 km)

Le départ se fait au bord du lac Léman, à 372 mètres d’altitude. La route grimpe vers le col de Joux Plane (1 691 m), rendu célèbre par le Tour de France lors de l’étape mythique de 2006. Les lacets offrent des vues plongeantes sur la vallée de l’Arve et les Dents du Midi côté suisse.

Morzine propose un large choix d’hébergements — du chalet familial à 80 euros la nuit à l’hôtel de charme à 200 euros. La station vit à l’année grâce au VTT et à la randonnée estivale.

Étape 2 : Morzine → Beaufort par le col des Aravis (120 km)

La traversée du Beaufortain constitue le passage le plus bucolique du parcours. Le col des Aravis (1 486 m) dévoile un panorama sur le Mont-Blanc par temps clair. Les alpages environnants produisent le Beaufort, fromage AOP affiné 5 mois minimum dans les caves de la coopérative locale.

Le Beaufortain est un territoire préservé, loin des grandes stations. Les fermes d’altitude, les torrents et les forêts de mélèzes composent un paysage pastoral quasiment inchangé depuis un siècle. En chemin, les fleurs alpines tapissent les prairies de juin à août — gentianes jaunes, rhododendrons et orchidées sauvages.

Étape 3 : Beaufort → Val d’Isère via le Cormet de Roselend (80 km)

Le Cormet de Roselend (1 968 m) marque un tournant. Le barrage de Roselend, avec son lac turquoise encadré de sommets enneigés, produit 310 GWh d’électricité par an — assez pour alimenter une ville de 130 000 habitants. La descente vers Bourg-Saint-Maurice puis la montée vers Val d’Isère traversent la haute Tarentaise.

Le col de l’Iseran : toit de la route

Le col de l’Iseran culmine à 2 764 mètres. Ouvert de juin à octobre selon l’enneigement, le passage offre un paysage de haute montagne — névés persistants, pelouses rases, marmottes. Une chapelle Notre-Dame-de-Toute-Prudence veille au sommet. La température chute de 15 à 18°C par rapport à la vallée : prévoyez une couche chaude même en plein été.

Étape 4 : Maurienne et col du Galibier (90 km)

La descente de l’Iseran mène en Maurienne, plus longue vallée intra-alpine de France (120 km). Le col du Galibier (2 642 m), passage mythique du Tour de France depuis 1911, marque l’entrée dans les Hautes-Alpes. Le monument Henri Desgrange, au sommet, rend hommage au créateur de la Grande Boucle.

Par temps clair, le panorama couvre le Mont-Blanc au nord, les Écrins à l’est et le Mont Ventoux au sud — un champ de vision de 200 km. Les bouquetins fréquentent les crêtes autour du col de juin à septembre.

Étape 5 : Briançon et le col d’Izoard (60 km)

Briançon, plus haute ville de France à 1 326 mètres, mérite une halte prolongée. Sa citadelle Vauban, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008, domine la vieille ville fortifiée. Les ruelles pavées abritent des boutiques d’artisans et des restaurants de cuisine montagnarde.

Le col d’Izoard (2 360 m) et sa Casse Déserte — paysage surréaliste de cheminées de fée et d’éboulis ocres — marquent un des moments forts du voyage. La lumière de fin d’après-midi transforme les couleurs de l’ocre au rose.

Étape 6 : Queyras et vallée de l’Ubaye (130 km)

Le Parc naturel régional du Queyras abrite des paysages parmi les plus sauvages des Alpes du Sud. La lumière méridionale change, les cadrans solaires ornent les façades des maisons et la lavande apparaît en bordure de route.

Le col de Vars (2 108 m) puis le col de la Cayolle (2 326 m) ponctuent cette traversée. L’Ubaye, rivière sauvage classée parmi les meilleurs spots d’eaux vives de France, offre un détour pour les amateurs de rafting (descente de 2h, 40 à 55 euros par personne).

Étape 7 : Descente vers Nice par la vallée du Var (190 km)

Le contraste est saisissant. En quelques heures, les alpages cèdent la place aux oliviers et à la végétation méditerranéenne. L’altitude passe de 2 326 mètres à 0 sur le littoral. L’arrivée sur la Promenade des Anglais, avec la Méditerranée en toile de fond, clôt le voyage.

Conseils pratiques

La route est intégralement ouverte de mi-juin à mi-octobre. Les cols de l’Iseran et du Galibier ferment les premiers dès les premières neiges d’automne.

CritèreRecommandation
Durée4 jours minimum, 6-7 jours pour profiter
VéhiculeTout type sauf camping-cars > 7 m (cols étroits)
CarburantPlein en vallée, stations-service rares au-dessus de 1 500 m
Hébergement60 à 150 euros/nuit selon le standing
Budget total800 à 1 500 euros pour 2 personnes sur 5 jours

Le mois de septembre offre les meilleures conditions : routes dégagées, lumière dorée, températures agréables (15-20°C en vallée) et cols encore ouverts. Partez en semaine pour éviter la fréquentation des week-ends.

Un voyage qui se mérite

La Route des Grandes Alpes n’est pas un trajet routier ordinaire. Les 17 cols, les virages en lacets et les panoramas verticaux composent un parcours qui sollicite l’attention du conducteur autant qu’il récompense le regard du passager. Chaque vallée traversée révèle un nouveau visage des Alpes — et les stations qui jalonnent le parcours méritent chacune qu’on s’y arrête.